À Paris, plus de 200 personnes marchent ensemble pour la paix : l’esprit d’Assise, 40 ans après
Le dimanche 18 octobre 2026, plus de 200 personnes se sont réunies à Paris pour une journée de rencontres, de dialogue et de fraternité, à l’occasion du 40e anniversaire de la rencontre interreligieuse d’Assise. Une marche à travers plusieurs lieux de culte de la capitale, suivie d’un rassemblement sur le parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro, auquel Plateforme de Paris a eu le plaisir de contribuer aux côtés de nombreuses associations et communautés religieuses.
Quarante ans après Assise, marcher ensemble pour la paix
Le 27 octobre 1986, à l’initiative du pape Jean-Paul II, des responsables de différentes traditions religieuses du monde entier s’étaient réunis à Assise, en Italie, pour prier et témoigner de leur engagement en faveur de la paix.
Quarante ans plus tard, dans un monde encore marqué par les conflits, les divisions et les incompréhensions, cet appel à la paix résonne avec une force particulière.
C’est dans cet esprit que, le dimanche 18 octobre 2026, plus de 200 personnes ont participé, au fil de la journée, à une marche interreligieuse et interconvictionnelle à travers Paris.
Chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, croyants d’autres traditions et personnes de différentes convictions ont partagé un même chemin, animés par une volonté commune : montrer que la diversité de nos croyances, de nos cultures et de nos parcours est une richesse qui nous invite à nous rencontrer et à mieux nous connaître.
Au-delà des discours, cette journée a permis de vivre concrètement le dialogue. Marcher côte à côte, échanger librement, découvrir les traditions de chacun, partager des sourires et des moments de convivialité : autant de gestes simples qui donnent tout son sens à la fraternité.
Un parcours à travers les lieux de culte de Paris
Tout au long de la journée, les participants ont découvert plusieurs lieux de culte emblématiques de la capitale.
De la Grande Pagode du bois de Vincennes à la Grande Mosquée de Paris, en passant par l’église Saint-Sulpice, le temple protestant de Pentemont, la cathédrale ukrainienne Saint-Volodymyr-le-Grand et la synagogue de Beaugrenelle, chaque étape a été une occasion de rencontre et de découverte.
Accueillis par des représentants des différentes communautés, les marcheurs ont pu mieux connaître les traditions, les pratiques et les sensibilités de chacun.
Ces visites ont rappelé qu’au-delà de la diversité de nos croyances et de nos parcours, nous partageons des aspirations profondément humaines : vivre en paix, être respectés dans notre dignité et transmettre aux générations futures un monde plus fraternel.
Pour certains, cette journée a été l’occasion de découvrir pour la première fois un lieu de culte ou une tradition religieuse. Pour d’autres, elle a permis de retrouver des amis engagés depuis longtemps dans le dialogue.
Mais ce qui a particulièrement marqué cette marche, c’est le fait d’avancer ensemble pendant plusieurs heures, de prendre le temps de discuter et de mieux se connaître.
Car le dialogue commence souvent par une rencontre, et la confiance se construit en prenant le temps de cheminer ensemble.
Au Trocadéro, des voix différentes réunies autour d’un même message de paix
En fin de journée, les participants se sont retrouvés sur le parvis des Droits de l’Homme, au Trocadéro, pour un rassemblement consacré à la paix et à la fraternité.
Dans ce lieu hautement symbolique, des représentants religieux, spirituels, associatifs et institutionnels ont partagé leurs réflexions autour d’un thème commun :
« La responsabilité des religions et des cultures dans la construction de la paix ».
Le rassemblement s’est déroulé en présence de Mme Agnès Bertrand, adjointe au maire de Paris chargée de la laïcité, des principes républicains et du dialogue avec les cultes, ainsi que de Mme Samia Badat-Karam, représentante de M. Jérémy Redler, maire du 16ᵉ arrondissement de Paris.
Leur présence a témoigné de l’importance accordée au dialogue interreligieux, au vivre-ensemble et à la fraternité au sein de la capitale.
Mgr Michel Dubost, évêque émérite d’Évry-Corbeil-Essonnes, est revenu sur l’initiative historique d’Assise et ses prolongements. Il a également porté le message du père Thomas, de la cathédrale ukrainienne Saint-Volodymyr-le-Grand, qui n’avait pas pu être présent.
Gérard Testard, fondateur d’Efesia – Ensemble avec Marie, a présenté l’initiative et rappelé le sens de cette mobilisation collective.
Des représentants religieux et associatifs engagés pour la paix
De nombreuses personnalités issues de différentes traditions religieuses et organisations associatives se sont succédé pour partager leur vision de la paix et de la fraternité :
- Marie-Claude Tribout, présidente d’Efesia – Ensemble avec Marie ;
- Fabien Fardet, coprésident de l’Union bouddhiste de France ;
- Christine Taieb, présidente de l’Amitié judéo-musulmane de France à Paris (AJMF) ;
- L’imam Khaled Larbi, représentant de la Grande Mosquée de Paris ;
- Henri Foucard, secrétaire général de Religions pour la Paix – France ;
- Jean-François Bour, directeur du Service national pour les relations avec les musulmans de la Conférence des évêques de France ;
- Neslihan Gedik, présidente de Plateforme de Paris ;
- La Vénérable Élisabeth Drukier, représentante de la Fontaine aux Religions ;
- Marc Lebret, cofondateur et secrétaire général de la Coordination interconvictionnelle du Grand Paris (CINPA) ;
- Rabbi Stéphanie Van Tittelboom, de la synagogue de Beaugrenelle ;
- Sulliman Banian, représentant du Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC) ;
- Mortada Al Khalik, représentant de l’Union chiite de France ;
- Michel Rostagnat, président de la Fraternité d’Abraham ;
- Firouzeh Moghbel-Naderi, présidente de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís de France ;
- Ghizlène Tabet Derraz, représentante de Coexister France ;
- Marie-Odile Terrenoire, représentante de Démocratie & Spiritualité, apportant un regard humaniste sur la paix.
À travers ces différentes interventions, chacun a exprimé, à partir de sa tradition, de ses convictions ou de son engagement associatif, sa vision de la paix et de la fraternité.
La richesse de ces regards et de ces sensibilités a fait émerger un message commun : la paix est une responsabilité partagée, qui se construit par la connaissance mutuelle, la confiance et le respect de chacun.
Quand la musique accompagne les paroles de paix
Les prises de parole ont été ponctuées de moments musicaux, notamment avec Francesco Agnello au hang et Murad A. au violon, ainsi que de chants collectifs dirigés par Michel Rostagnat.
Ces intermèdes ont offert à l’assemblée des instants de recueillement et d’émotion, rappelant que la musique possède elle aussi cette capacité de rassembler au-delà des langues, des cultures et des croyances.
Le rassemblement a été coanimé par Christine Taieb et Neslihan Gedik, dans un esprit d’amitié, d’écoute et de fraternité.
Plateforme de Paris : faire du dialogue une expérience humaine
Pour Plateforme de Paris, cette journée a été particulièrement significative.
Depuis de nombreuses années, notre association s’engage pour favoriser les rencontres interculturelles, interconvictionnelles et intergénérationnelles, avec la conviction que le vivre-ensemble ne se limite pas aux discours : il se construit à travers les relations humaines et les expériences partagées.
À travers nos initiatives, nos rencontres et nos événements, nous cherchons à créer des espaces où chacun peut être accueilli, écouté et reconnu dans sa singularité.
Lors du rassemblement au Trocadéro, Plateforme de Paris a partagé une image qui résume cette vision du dialogue :
« Pour nous, à Plateforme de Paris, le dialogue, c’est garder dans notre cœur une chaise à chacun, oui, à chacun sans exception. »
Cette phrase exprime une conviction profonde : dialoguer, c’est accepter de faire une place à l’autre, même lorsqu’il pense, croit ou vit différemment de nous.
C’est dépasser les préjugés, découvrir les richesses des différentes traditions, partager les valeurs humaines universelles qui nous unissent et contribuer, à notre échelle, à une société plus fraternelle.
La marche du 18 octobre a donné vie à cette vision.
Une journée de fraternité qui appelle à poursuivre le chemin
Après le rassemblement au Trocadéro, la journée s’est prolongée par un temps de convivialité au Centre bahá’í de Paris, offrant aux participants une dernière occasion de se retrouver et de poursuivre les échanges.
Au-delà du nombre de participants, des lieux visités et des interventions, cette journée restera avant tout une belle expérience humaine.
Elle nous rappelle que la paix ne se construit pas uniquement à travers les grandes déclarations internationales. Elle prend également forme dans nos villes, nos quartiers, nos associations et nos relations quotidiennes.
Elle commence lorsque nous acceptons de faire un pas vers l’autre, de l’écouter sans préjugés et de lui faire une place.
Plateforme de Paris tient à remercier chaleureusement l’ensemble des associations organisatrices et partenaires, les responsables des lieux de culte qui nous ont accueillis, les représentants religieux et associatifs, les bénévoles, les musiciens et toutes les personnes qui ont contribué à faire de cette journée un moment de rencontre et de fraternité.
Jean-René Brunetière, président de Compostelle-Cordoue a présenté la déclaration commune pour la paix, rappelant le sens et la portée de cet engagement collectif.
Et c’est ensuite ensemble, d’une seule voix, que les participants ont conclu le rassemblement au Trocadéro par la lecture collective de cette déclaration.
Un moment particulièrement fort et symbolique, où des personnes de religions, de cultures et de convictions différentes ont uni leurs voix pour affirmer leur volonté de construire un avenir fondé sur le dialogue, le respect mutuel et la fraternité.
Quarante ans après Assise, ce message reste plus que jamais d’actualité.
La paix se construit ensemble. À nous de continuer à la faire vivre, chaque jour.
L’équipe de Plateforme de Paris
Vivons bien, vivons ensemble !




